Printemps Été

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mercredi 2 février 2005

Fleurs dispersées

Suite des poèmes du moine Saigyô ( Japon- 1118-1190)

Fleurs de cerisier La brise du printemps
disperse les fleurs de cerisier
dans le songe
revenant de ses rêveries
le coeur bouillonne plus fort

Cerisier des monts
le vent a blessé leurs branches
il s'en va déjà
s'emparant de toutes les fleurs
comme s'il en était le maître

La brise du printemps
ne laisse pas les fleurs de cerisier
à ce monde flottant
elle les disperse
et ne cesse de les regretter.

Fleurs de cerisier
qui vous dispersez
avec vous loin de ce monde
qui fascine
autant qu'il répugne

A grande vitesse
les fleurs de cerisier se dispersent
le coeur les regrette
graines de fleurs
suscitez un nouveau printemps.


(image photosdefrance.com)

dimanche 30 janvier 2005

Fleurs de raison

Ephémère rosierCe froid piquant semble tout immobiliser, même le temps.
Poster quelques photos de printemps, pour raviver les couleurs de l'espoir, pour échapper à cette gangue comme l'attrait de la mort.

Et puiser dans ces haikus millénaires
un petit peu de l'harmonie première.

.../... lire la suite

mercredi 26 janvier 2005

André Breton - Notes sur la poésie

Les pensées, les émotions toutes nues sont aussi fortes que des les femmes nues.
Il faut donc les dévêtir.

Dans le poète :
L'oreille rit,
La bouche jure ;
C'est l'intelligence, l'éveil qui tue ;
C'est le sommeil qui rêve et qui voit clair ;
C'est l'image et le phantasme qui ferment les yeux.
C'est le manque et la lacune qui sont créés.

Le sujet du poème lui est aussi propre et lui importe aussi peu qu'à un homme son nom.

Le lyrisme est le développement d'une protestation.

Alentours III - 1925-1930

dimanche 23 janvier 2005

Légende Lune

En prolongement des billets de obni, et copernicus.

Les gens de Lune
Sélénites, doubles oniriques compagnons de nos enfances,
inlassablement quittent Tycho Brahe.
En lente procession, ils creusent de leurs pas de profonds sillons
irradiants.

A quelques instants-lumières,
adultes devenus,
nous assistons impuissants
à l'exode de nos rêves.

.../... lire la suite

samedi 22 janvier 2005

Ecouter la lueur du ciel

L'une erre
Albédo de nos désirs
Lune d'ailes
Enluminures de nos émois
Mots de lune à modeler
Mots d'elle
Mi elle, mi eux
Cieux
Immenses en leurs yeux.

Lune

Texte à venir, en bleu et blanc ...

.../... lire la suite

mercredi 19 janvier 2005

Le grain des mots

J'aime ce livre de Camille Laurens "Quelques-uns".

Extrait :
Les mots ont un grain - comme on dit le grain de la voix, le grain de la peau, bien sûr, mais aussi, au fond, comme on parle des fous, des marginaux : chacun d'entre eux est un original, une pièce unique. D'avoir été prononcés tant de fois, déformés par les lèvres ou polis par les livres, de nous avoir émus dans la beauté des oeuvres ou la bouche d'autrui, ils ont acquis la densité et la profondeur merveilleuse d'une terre dont nous rêvons un jour d'être les archéologues : les mots sont faits de notre vie qui sédimente.

J'aime ce livre, j'aime ce rapport sensuel aux mots. Ecrire c'est aimer toucher les mots, les approcher lentement, savamment ou avec prudence. Les polir et les faire danser. Camille Laurens célèbre le plaisir des mots, elle salue aussi avec une belle déférence ceux qui si élégamment les font transmission de leurs émotions.
Notre rapport aux mots est un rapport de référence. Tissage de liens, étoffe de mémoire. La sémantique n'est rien sans ce rapport intime des mots à notre propre histoire.

mardi 11 janvier 2005

Rois et reine

Rois et reine, un film d'Arnaud Desplechin.

.../... lire la suite

dimanche 9 janvier 2005

Un printemps en hiver

Pic de Bure

Juste quelques photos.
Juste dire que cette respiration est absolument nécessaire : en toute saison, le regard vers l'Obiou.

.../... lire la suite

jeudi 6 janvier 2005

L'hiver et Rainer Maria Rilke

Neige sur Les ChauxDevance tout adieu, comme s'il se trouvait derrière
toi, à l'instar de cet hiver qui va se terminer.
Car, entre les hivers, il est un tel hiver sans fin
qu'être au delà de lui, c'est pour ton cœur l'être de tout.

Sois toujours mort en Eurydice -et plus chant que jamais
remonte, et plus louange, ainsi remonte au pur rapport.
Ici, chez les passants, sois, au royaume où tout prend fin,
sois un verre qui sonne et dans le son déjà se brise.

Sois - et sache à la fois la condition qu'est le non-être,
l'infini fondement qu'il est de ta ferveur vibrante,
et donne à celle-ci, unique fois, pleine existence

À la nature, utilisée ou bien dormante et muette,
à cette ample réserve, à cette inexprimable somme,
ajoute-toi en joie et ne fais qu'un néant du nombre.

Rainer Maria Rilke. Les sonnets à Orphée. février 1922

mardi 4 janvier 2005

L'appel des hauteurs

Neige sur Les ChauxLe temps est superbe en ce début d'année nouvelle.
Le ciel est d'un bleu vibrant, la neige sur les sommets démultiplie les grains de lumière.
C'est un appel vers les hauteurs. Je ne suis pas fan de ski, mais il me revient de belles sensations lors de quelques balades en ski de rando.
Paysages immenses de blancheur. Le silence, l'éclat de la lumière sur ces étendues blanches, un peu d'absolu approché. Juste le rythme du souffle.
Le calme qui se fait, l'absence de questions.
Il me faut retourner vers les hauteurs, respirer.
Peut-être le week-end sera-t-il clément ?

dimanche 2 janvier 2005

Ambiance hivernale

neigePaysages de neige du coté de l'Obiou, un premier janvier un peu magique.

D'autres photos bientôt (résolutions d'écriture régulière pour l'année nouvelle ...)

.../... lire la suite

vendredi 31 décembre 2004

Père Noël

J'ai reçu en cadeau de Noël les oeuvres complètes de René Char. Magnifique !
Le blog ferait-il aussi office de lettre au père Noël ??

dimanche 19 décembre 2004

Pascal Quignard

Je lis Pascal Quignard : Les Ombres errantes

C'est un recueil de fragments à l'écriture ciselée, à mi chemin entre philosophie et poésie. Ses reflexions portent sur la langage, la mémoire, l'écriture, le rapport au passé. La langue est belle, précieuse. Un rythme très particulier se dégage, comme une musique délicate. C'est pour moi un livre qui accompagne, on en lit quelques fragments de temps à autre ; ce sont de courts récits qui se répondent et se correspondent au fil du livre, mais aussi des pensées sur l'écriture, la lecture, le jadis, qu'il développe sous différents angles dans une très belle langue, épurée.

.../... lire la suite

mardi 14 décembre 2004

Interpréter le langage ...

J'aime bien cette définition du caractère irrémédiable de l'indexicalité par les ethnométhodologues (son aspect remue-méninges) :
" Le fait que le sens des mots puisse être multiple n'est pas dans l'histoire des langues et de leurs dictionnaires une nouveauté. Par contre, relativement nouvelle est l'affirmation du caractère irrémédiable du phénomène à travers l'indexicalité. L'irrémédiabilité tient au fait que dans des conditions imprévisibles et de manière indéfiniment répétée, il peut apparaître, de par le phénomène d'indexicalité, toujours des significations nouvelles. Rien ne prouve donc jamais qu'une liste de significations est complète.

.../... lire la suite

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



Mes photos sur Flickr