Printemps Été

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dimanche 26 juin 2005

Occasion

Enfin l'occasion de voir l'argus !

Papillon Argus
Papillon Argus
Papillons aux alentours du Ser, 25 juin 2005

vendredi 24 juin 2005

Les mots et les choses

(Tchouang-tseu, André Breton, et mes recherches en pragmatique)

pavots
Pavots, 18 juin 2005

Tchouang –tseu :

La grande intelligence englobe, la petite intelligence discrimine ; la grande parole est éclatante ; la petite parole est verbeuse.
La parole est obscurcie par l’éloquence.
A vrai dire, tout être est autre, et tout être est soi-même.
Soi-même est aussi l’autre ; l’autre est aussi soi-même. L’autre a ses propres conceptions de l’affirmation et de la négation. Soi-même a aussi ses propres conceptions de l’affirmation et de la négation. Y a-t-il vraiment une distinction entre l‘autre et soi-même , ou n’y en a-t-il point ? Que l’autre et soi-même cessent de s’opposer, c’est là qu’est le pivot du Tao. Ce pivot se trouve au centre du cercle, et s’applique à l’infinité des cas. Les cas de l’affirmation sont une infinité ; les cas de la négation le sont également. Ainsi il est dit : le mieux est d’avoir recours à l’illumination.
C’est en nommant que les choses sont délimitées.

Le langage sépare, pose artificiellement une grille rigide de limites sur la réalité.
Ainsi, en interprétation automatique des dialogues, l’idée serait de s’affranchir le plus possible de modèle sémantique qui essaie de modéliser logiquement (sous contraintes fortes) le lien signifiant-signifié, pour au contraire privilégier l’accès pragmatique premier, c’est-à-dire la référence directe immédiate aux "objets" du monde, avant de passer par le filtre de l’idée.

Je fais aussi un pont entre tao et surréalisme, à la lumière de cet extrait du " Manifeste du surréalisme" d’André Breton :

rappelons que l’idée du surréalisme tend simplement à la récupération totale de notre force psychique par un moyen qui n’est autre que la descente vertigineuse en nous, l’illumination systématique des lieux cachés et l’obscurcissement progressif des autres lieux, la promenade perpétuelle en pleine zone interdite et que son activité ne court aucune chance sérieuse de prendre fin tant que l’homme parviendra à distinguer un animal d’une flamme ou d’une pierre – le diable préserve, dis-je, l’idée surréaliste de commencer à aller sans avatars.

Non-dualité : illumination, fulgurance, du monde à soi hors des limites posées par les concepts. Incarnation de l’esprit.

mardi 21 juin 2005

Séquence rose


première rose au jardin du Ser, 18-19 juin 2005.

Le matin, le soir, guetter la lumière sur les pétales de rose.
Suivre d'une heure à l'autre l'ouverture de la fleur.
Instants de délicatesse offerts. Plaisir éphémère.
( à 1200 m d'altitude les rosiers ont un peu froid, celui-ci nous offre avec parcimonie une poignée de fleurs par an)

lundi 20 juin 2005

Élégance en nonchalance

papillons
Crédit photo : Phil
Papillons sur une chaise-longue, 19 juin 2005.

dimanche 19 juin 2005

Feu de paille

coucher de soleil sur le Beaumont
Depuis le sommet des Chaux, coucher de soleil, samedi 18 juin 2005.

mardi 14 juin 2005

Thym


Thym du jardin, 12 juin 2005.

Thym, serpolet, marjolaine en fleurs, c'est le début de l'été ... envie de cuisine parfumée et colorée.

mercredi 1 juin 2005

L'estive



L'estive.
J'aime cette expression. Elle dit le rythme des saisons, l'action contenue dans le temps seulement. J'aime que la vie ici soit fortement déterminée par la succession des saisons, les gestes attendus, retrouvés dans une re-découverte cyclique. Un ancrage, encore. Une mémoire incarnée.
L' arrivée des moutons marque l'annonce de l'été.
Les vrais transhumances sont rares désormais, les bêtes voyagent en camion. Je crois qu'il existe encore en France deux vrais transhumances, dont une en Valgaudemar.

vendredi 27 mai 2005

paysage urbain

Grenoble vue de la Bastille

De l'usage de la ligne droite par les urbanistes.

dimanche 22 mai 2005

Jardin philosophique

oeillet des montagnes
Le geste accompagne la pensée. Dans le geste de planter, la pensée s'enracine. Il est absurde de séparer intellectuel et manuel, esprit et corps. La main, le corps, pensent.
Un jardinier attentif est un philosophe. Il appréhende par le sensitif les questions fondamentales de la vie et du temps.
Nos pensées s'encrent de terre.

vendredi 20 mai 2005

Treille


Une treille, dans une maison aimée du midi : le plaisir de laisser s'égrener les heures sous une tonnelle ombragée, entre discussions animées ou silences dégustés. Toujours la convivialité.

mercredi 18 mai 2005

Ecrire (2)

André Breton : Les écrits s'en vont. Clair de terre

Le satin des pages qu'on tourne dans les livres moule
une femme si belle
Que lorsqu'on ne lit pas on contemple cette femme avec tristesse
Sans oser lui parler sans oser lui dire qu'elle est si belle
Que ce qu'on va savoir n'a pas de prix
Cette femme passe imperceptiblement dans un bruit de fleurs
Parfois elle se retourne dans les saisons imprimées
Et demande l'heure ou bien encore elle fait mine de
regarder des bijoux bien en face
Comme les créatures réelles ne le font pas

.../... lire la suite

samedi 14 mai 2005

Conjugaison

Une partie de ma matinée s'etait passée à conjuguer le verbe être - car on venait d'inventer un nouveau temps du verbe être.

André Breton. Clair de terre.

Comment conjuguer ce nouvel être ?

jeudi 12 mai 2005

Langage et différenciation

Noms et formes sont équivalents.
Nommer, c'est découper la réalité, introduire des délimitations et ainsi manquer l'absolu. C'est parce qu'il y a langage qu'il y a démarcation. Une vraie discussion est en fait une discussion où l'on ne parle pas. La parole est au silence ce que le manifesté est à l'indifférencié. De même que l'indifférencié n'est pas conçu négativement comme néant ou absence de tout existant, le silence n'est pas conçu comme mutisme ou absence mais au contraire comme un au-delà de la parole : ce que la parole ne peut pas exprimer. [1]

Ainsi du bourgeon.
Il faudrait dire une naissance, mais qui ne serait pas ex nihilo, il faudrait exprimer la naissance issue de l'hiver, de la force de l'hiver dans l'arbre.
Ainsi de l'homme et de sa mémoire. Vivre l'instant de bonheur dans sa fulgurance, mais cet instant-là n'est-il pas porté aussi par le doute, l'absence ? Ce n'est pas la continuité; ce n'est pas la discontinuité. Peut-être est-ce simplement l'idée de la germination ; le travail des forces souterraines. Vivre intensément l'éclatement du germe.
La sagesse serait alors de vivre aussi intensément l'attente ou le repli que l'éclosion du germe.

[1]source : Anne Cheng. Histoire de la pensée chinoise. p.333

lundi 9 mai 2005

Capter

lumière verte



En montagne, la forêt progressivement se pare de printemps.

Le vert premier, incomparable de délicatesse et de clarté, se décline en nuances subtiles au gré des essences et des expositions.
J'aime le jeu de lumière tamisée dans le feuillage nouveau ;
mais mon appareil numérique est inapte à le capter.
J'ai beau faire des dizaines d'essais, aucune photo ne rend la subtilité de la lumière traversant le vert tendre.
Tant pis (ou tant mieux ?) pour les pixels, je l'imprime directement dans ma mémoire sensorielle, ce stimulus me diffusera de l'énergie pour ma semaine laborieuse et citadine.

















dimanche 8 mai 2005

Se mettre au vert

la foret

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



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