Printemps Été

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

dimanche 20 novembre 2005

Terre de mémoire

Nos pieds foulent les feuilles mortes, terreau à venir dont se nourrira la forêt.
Terre de mémoire.
Dans la terre, l’enfouissement n’est pas l’oubli. La mort est absorbée dans le cycle sans fin de la vie.
Dans la ville tentaculaire, l’homme désincarné nie la mort dans l’illusion aveugle de la dominer. Pris de panique devant la réalité implacable de la mort, il se raccroche à des rites creux, pommade dérisoire sur son angoisse existentielle.
Vivre vrai c’est vivre la dimension éphémère de sa condition d’humain. C’est vivre humble dans le respect de son milieu environnant. Ancrés dans la terre, les gestes simples se chargent naturellement de leur part de rituel.

TGV Paris-Grenoble, triste journée du 10 novembre.

foret

samedi 5 novembre 2005

Ciel d'Obiou

obiou

Ciel d'Obiou
Fleuve de la vie bleue
Terre d'en vies de feu
L'élan de nos ailes
En cieux

d'autre photos de nuages ici.

mercredi 19 octobre 2005

octobre (2)

Feuilles

Certains jours, il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire.

René Char. Recherche de la base et du sommet.

dimanche 16 octobre 2005

Octobre

Automne au Ser

La forêt se pare de ses habits de lumière,
les instants se cueillent comme des fruits mûrs gorgés de sucre.
Octobre au goût de miel

dimanche 9 octobre 2005

L'automne soleille

Enfin ! le soleil de l'automne qui moissonne, c'est en Chartreuse que nous l'avons trouvé, ce dimanche. Le bleu pur du ciel donnait de l'éclat à tout, du minéral si clair de la falaise de Chamechaude, aux végétaux déclinant leur symphonie chromatique.

Chamechaude
Chamechaude, 5 octobre 05

mercredi 5 octobre 2005

Cristal bleu comme les blés

J'aime les images, la liberté, la magie de la poésie d'André Breton. Elle échappe à l'analyse, s'envole promptement en virevoltant, et nous mène directement dans la barque de l' émotionnel.

Les belle fenêtres ouvertes et fermées
Suspendues aux lèvres du jour
Les belle fenêtres en chemise
Les belles fenêtres aux cheveux de feu dans la nuit noire
Les belles fenêtres de cris d'alarme et de baisers
Au dessus de moi au dessous de moi derrière moi il y en a moins qu'en moi
Où elles ne font qu'un seul cristal bleu comme les blés
un diamant divisible en autant de diamants qu'il en faudrait pour se baigner à tous les bengalis
Et les saisons qui ne sont pas quatre mais quinze ou seize
En moi parmi lesquelles celle où le métal fleurit
Celle dont le sourire est moins qu'une dentelle
Celle où la rosée du soir unit les femmes et les pierres
Les saisons lumineuses comme l'intérieur d'une pomme dont on a détaché un quartier
Où encore comme un quartier excentrique habité par des êtres qui sont de mèche avec le vent
Ou encore comme le vent de l'esprit qui la nuit ferre d'oiseaux sans bornes les chevaux à naseaux d'algèbre
[...]

André Breton. Noeud des miroirs. Le revolver à cheveux blancs.

jeudi 29 septembre 2005

Tempo d'automne

Le temps sphérique
Et l'automne ne serait pas nostalgique
Vendanges sucrées
Nos pas ailés

mardi 20 septembre 2005

La foire bio de Mens

Samedi après-midi, je suis allée à la foire bio de Mens. Un vrai bol d'air, une ambiance de joie de vivre autrement, un ilôt de rêve où échapper un temps à la logique stérile du produire plus à plus bas prix, logique qui lamine l'être par l'avoir, et stérilise la planète.
Dommage, il faisait froid, cela n'incitait pas à flâner, mais quand même. Entre les matériaux de construction écologiques, les pains fromages gateaux fruits des plus appétissants, les huiles essentielles et autres massages relaxants, on se sentait bien. J'ai particulièrement retenu l'association Kokopelli : pour la libération des semences, la sauvegarde de la biodiversité, et la conservation de l'héritage. C'est cela aussi jardiner. Semer pour conserver, pour transmettre, semer pour libérer.
Un petit jardin sur la terre, un grand jardin dans la tête. C'est promis, au printemps, je sème autrement.
Nous allons ensuite nous réchauffer au café des Arts, sur les traces de Giono.
C'était un bel après-midi en Trièves.

dimanche 18 septembre 2005

Un temps à confitures

Pluie, froid et brouillard : c'était un temps à rester au chaud et faire des confitures !
J'ai fait une confiture aux parfums de l'été : Pêches jaunes au miel de lavande et à la lavande, avec un excellent miel de lavande acheté samedi à la foire bio de Mens.
La recette :

  • Pour 1 kg net de pêches coupées en dés,
  • 250 g de miel de lavande
  • 450 g de sucre cristal
  • 5 brins de lavande

Protéger la lavande dans une mousseline.
Cuire ensemble les pêches, le miel, le sucre, et la lavande. Arrêter la cuisson lorsque les fruits sont bien cuits. Laisser reposer la nuit, en ayant séparé les fruits et le sirop.
Le lendemain, faire réduire le sirop avec la lavande. Lorsque c'est pris (mais cette confiture reste assez liquide) plonger les fruits et laisser bouillir 5 min.
Arrêter et mettre en bocaux.
confiture
Cette confiture est tres parfumée et le miel lui donne une belle onctuosité.
La recette est inspirée de Christine Ferber -Mes confitures- Mais les quantités de sucre sont réduites et les temps de cuisson rallongés.

jeudi 8 septembre 2005

Butiner

abeille sur fleur de courgette

Esprit Zen ou tao, les philosophes antiques au Jardin d'Epicure, la philosophie du langage, un (beaucoup) de pragmatique, des poètes surréalistes aux haikus japonais, un peu d'intelligence artificielle, de la littérature à la technique informatique .... un peu de jardinage, de marche, d'écriture, cultiver c'est à dire essentiellement regarder.
S'étonner.
Cultiver ses émotions, ensemencer de curiosité, glaner ses envies, enrichir par le partage.
Butiner, se gorger de sensations, et dans le creuset des émotions, fondre les sucs de la vie, les transmuter en un alcool blanc, si fort qu'il échappe au temps.
Eau forte.

.../... lire la suite

mardi 6 septembre 2005

Deux

Lézarder c'est bien, à deux c'est encore mieux ! ;)

lézards

dimanche 4 septembre 2005

Quelques nouvelles du Ser

cosmos

.../... lire la suite

samedi 27 août 2005

Correspondance à trois

Au cours de l'année 1926, trois poètes : Boris Pasternak, Marina Tsvetaïeva, Rainer Maria Rilke échangent une correspondance passionnée.
Marina Tsvétaïeva est une poète exaltée, sa vie est la poésie passionnée, elle vit en France un exil difficile.
Je n'aime pas la vie en tant que telle, pour moi, elle ne commence à vouloir dire quelque chose, c'est-à-dire à prendre sens et poids, que transfigurée c'est-à-dire dans l'art.

Extrait d'une ses lettres à Rilke, le 2 aout 1926.

Rainer, si je veux aller à toi, c'est aussi pour ma nouvelle moi, qui ne saurait naître qu'avec toi, en toi. Et alors,Rainer (Rainer, le leitmotiv de ma lettre), je veux dormir avec toi, m'endormir et dormir avec toi. Cette merveilleuse expression populaire, comme elle est vraie, profonde, sans équivoque, comme elle dit bien ce qu'elle dit. Simplement dormir. Rien de plus. Si pourtant : enfouir ma tête dans ton épaule gauche, passer mon bras sur ton épaule droite - rien de plus. Si pourtant : savoir, jusqu'au plus profond du sommeil, que c'est toi. Et encore : comment ton coeur sonne. Et - baiser ton coeur. [...] Pourquoi est-ce que je te dis cela ? L'inquiétude, peut-être, que tu ne voies en moi qu'une passionnée commune (passion-servage). Je t'aime et je veux dormir avec toi, pareille concision n'est pas permise à l'amitié. Mais je le dis d'une voix autre, presque en mon sommeil, ferme en mon sommeil. Je ne sonne pas du tout comme de la passion. Si tu me prenais contre toi, tu prendrais les plus déserts lieux. Tout ce qui ne dort jamais voudrait rattraper son sommeil dans tes bras. Jusqu'au fond de l'âme (de la gorge) - tel serait mon baiser (Pas un incendie : un abîme.) Je ne plaide pas ma cause, je plaide la cause du plus absolu des baisers.

Cette correspondance est poignante : difficulté pour ces artistes de s'incarner dans la vie matérielle, tempête de l'histoire individiuelle et collective : cette correspondance à trois s'interrompt tragiquement par la mort de Rilke, le 29 décembre 1926. Bien avant l'ère de l'hyper-communication se constituait ainsi à travers l'Europe une histoire d'amour intense, simplement par échange de lettres, de manuscrits, d'impressions de lectures ou de critiques approfondies. Les traces de cette passion restent gravées dans des oeuvres littéraires bouleversantes.

dimanche 21 août 2005

Un port

L'envie d'une terre et l'attrait, toujours, des ports. Peut-être simplement pour une autre perception du temps.

Hania
Hania (La Canée).

.../... lire la suite

jeudi 18 août 2005

Rouge

sunset, santorini

Qui a dit que la mer est bleue ?
Santorin
(cliquez sur la photo pour plonger en 1024)

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



Mes photos sur Flickr