Printemps Été

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dimanche 5 février 2006

Hivernage

Que fait pendant l'hiver un blog qui s'appelle printemps-été ?

Lac de laffrey
Lac de Laffrey, 5 février

Il hiberne et hiverne, un peu perdu dans tout ce blanc.
(Contrairement aux apparences, cette photo n'a pas été prise en noir & blanc ...)

dimanche 8 janvier 2006

Rêver les mots

Il rêve maintenant d’un mot qui dirait à la fois, qui dirait indistinctement, le moucheron et la feuille tourbillonnante, et aussi l’eau de la source et le mouvement de la tête d’un petit merle qui vient de se poser près de lui sur une branche. D’un autre mot qui cette fois désignerait le lichen quand il pousse à mi-hauteur là-bas entre base et sommet du monde, et les jeux de l’écume sur la vague qui a gonflé et déjà retombe, et toutes les étoiles des nuits d’été : oui, tout cela, ainsi réduit à la seule idée que l’on pressent bien, n’est-ce pas, sous ces plis et replis de l’évidence. Mots qui, dissipant la différence illusoire comme fait la couleur du peintre, et permettant ces accords qui dans son tableau deviennent lumière, simplifieraient, rapprocheraient, intensifieraient, nous offrant à nouveau ce qu’avaient bu nos lèvres d’enfant : ce sein qu’est ce qui est, en deçà du temps, de l’espace, dès que la main avide l’a dégagé de l’écharpe de nos lourds mots d’à présent.

Yves Bonnefoy. La vie errante.

rever les mots

fleche Introduction à l'oeuvre poétique de Yves Bonnefoy sur le site de Jean-Michel Maulpoix.

dimanche 1 janvier 2006

Année Nouvelle

Amis qui passez par ici, je vous souhaite à tous une très belle année 2006, qu'elle soit source de bonheur et félicité.

bonne annee
Cliquer ici pour la version animée de la carte.

lundi 12 décembre 2005

Murmure

      En écho à Jacques.

Lune de novembre
Le
      centre
         est

      d'où
         viennent
Les murmures

   *
Le centre est là
D'où jaillit
le souffle rythmique
en vivifiante vacuité
Sans qu'on s'y attende
Autour de soi
droit au coeur
Voici les ondes
Natives et vastes
Résonant
Depuis l'ici même
jusqu'au plus lointain
De leur toujours déjà là
de leur toujours commençante
Mélodie.

François Cheng. Le livre du vide médian

mardi 6 décembre 2005

Glanage

Chez René Char, encore, puisque je lis avec émotion sa biographie, par Laurent Greilsamer. On y perçoit un homme rebelle, aux colères redoutées, apte à la bagarre. Attaché à sa terre de Provence, fidèle à ses amis à ses engagements. Une poésie dans la vie, dans une époque de tumulte. Ses mots en résonent plus fort encore sous cet éclairage. Ils sont souvent un éclair de fulgurance.

Les mots qui vont surgir savent de nous ce que nous ignorons d'eux. Un moment nous serons l'équipage de cette flotte composée d'unités rétives, et le temps d'un grain, son amiral. Puis le large la reprendra, nous laissant à nos torrents limoneux et à nos barbelé givrés.

La nuit talismanique.

La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil.

Feuillets d'Hypnos.

dimanche 4 décembre 2005

Source

Un homme sans défauts est une montagne sans crevasses. Il ne m'interesse pas.
(Règle de sourcier et d'inquiet.)

René Char. Feuillets d'hypnos.

Devoluy
Dévoluy, en montant au col des Aiguilles. 30 octobre.

Devoluy

samedi 26 novembre 2005

La courge du Ser, du jardin à l'assiette.

Ce temps neigeux donne envie de cuisiner des plats longuement mijotés. Il faut faire honneur à la courge du jardin (première année que nous arrivons, enfin à en cultiver !).

au jardin

Je n'ai pas trouvé de recette satisfaisante sur internet, alors ... on improvise.

Les ingrédients:

  • une belle courge (celle-ci 4,5 kg) que l'on creuse délicatement pour en extraire la chair. On garde un chapeau un peu épais.
  • 5 gros oignons rouge
  • 3 gousses d'ail du jardin
  • du petit salé
  • marrons en conserve
  • des amandes
  • une poignée de raisins secs
  • des petites pommes de terre du jardin aussi (charlottes)
  • du gingembre frais
  • épices à couscous, cannelle, noix muscade, clous de girofle

.../... lire la suite

mardi 22 novembre 2005

Égrener

graines
Transmettre le regard, le geste, le geste de regarder. Juste cela.
Les mots ne sont qu’illusion s’ils ne s’accompagnent pas du geste, du faire.
L’économie de parole sied à l’authenticité du geste. Il y a des gestes dans la mémoire collective. Il y a des reproductions d’actes qui sont mémoire vivante, qui sont la dimension de l’homme dans la lignée.
Ainsi ce qui est transmis à la génération d’après échappe à la volonté de dire ou de faire. C’est l’essence d’un soi dans l'instant qui revient à l’enfant dans l’éclat sublime d’un geste.
Un germe.
Présence. A soi, à l'autre. Le devoir de l’homme ? Le devoir d’être présent à la vie.

transmettre

dimanche 20 novembre 2005

Terre de mémoire

Nos pieds foulent les feuilles mortes, terreau à venir dont se nourrira la forêt.
Terre de mémoire.
Dans la terre, l’enfouissement n’est pas l’oubli. La mort est absorbée dans le cycle sans fin de la vie.
Dans la ville tentaculaire, l’homme désincarné nie la mort dans l’illusion aveugle de la dominer. Pris de panique devant la réalité implacable de la mort, il se raccroche à des rites creux, pommade dérisoire sur son angoisse existentielle.
Vivre vrai c’est vivre la dimension éphémère de sa condition d’humain. C’est vivre humble dans le respect de son milieu environnant. Ancrés dans la terre, les gestes simples se chargent naturellement de leur part de rituel.

TGV Paris-Grenoble, triste journée du 10 novembre.

foret

samedi 5 novembre 2005

Ciel d'Obiou

obiou

Ciel d'Obiou
Fleuve de la vie bleue
Terre d'en vies de feu
L'élan de nos ailes
En cieux

d'autre photos de nuages ici.

mercredi 19 octobre 2005

octobre (2)

Feuilles

Certains jours, il ne faut pas craindre de nommer les choses impossibles à décrire.

René Char. Recherche de la base et du sommet.

dimanche 16 octobre 2005

Octobre

Automne au Ser

La forêt se pare de ses habits de lumière,
les instants se cueillent comme des fruits mûrs gorgés de sucre.
Octobre au goût de miel

dimanche 9 octobre 2005

L'automne soleille

Enfin ! le soleil de l'automne qui moissonne, c'est en Chartreuse que nous l'avons trouvé, ce dimanche. Le bleu pur du ciel donnait de l'éclat à tout, du minéral si clair de la falaise de Chamechaude, aux végétaux déclinant leur symphonie chromatique.

Chamechaude
Chamechaude, 5 octobre 05

mercredi 5 octobre 2005

Cristal bleu comme les blés

J'aime les images, la liberté, la magie de la poésie d'André Breton. Elle échappe à l'analyse, s'envole promptement en virevoltant, et nous mène directement dans la barque de l' émotionnel.

Les belle fenêtres ouvertes et fermées
Suspendues aux lèvres du jour
Les belle fenêtres en chemise
Les belles fenêtres aux cheveux de feu dans la nuit noire
Les belles fenêtres de cris d'alarme et de baisers
Au dessus de moi au dessous de moi derrière moi il y en a moins qu'en moi
Où elles ne font qu'un seul cristal bleu comme les blés
un diamant divisible en autant de diamants qu'il en faudrait pour se baigner à tous les bengalis
Et les saisons qui ne sont pas quatre mais quinze ou seize
En moi parmi lesquelles celle où le métal fleurit
Celle dont le sourire est moins qu'une dentelle
Celle où la rosée du soir unit les femmes et les pierres
Les saisons lumineuses comme l'intérieur d'une pomme dont on a détaché un quartier
Où encore comme un quartier excentrique habité par des êtres qui sont de mèche avec le vent
Ou encore comme le vent de l'esprit qui la nuit ferre d'oiseaux sans bornes les chevaux à naseaux d'algèbre
[...]

André Breton. Noeud des miroirs. Le revolver à cheveux blancs.

jeudi 29 septembre 2005

Tempo d'automne

Le temps sphérique
Et l'automne ne serait pas nostalgique
Vendanges sucrées
Nos pas ailés

Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



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