Printemps Été

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Ils tamarisent le soleil

Un arbre un banc la méditerranée

Ils sont là pour montrer qu’un arbre peut pousser malgré tout aux franges de la mer. Il y a dans leur silhouette quelque chose de chétif, d’amenuisé comme d’anciens rêves avortés. Mais il doit y avoir dans leur sève une force secrète pour défier ainsi les embruns salés de la mer, l’aridité du sable. Leurs feuilles ténues comme une gaze tamisent le soleil sans l’étouffer ni l’assombrir. Il faudrait dire tamarisent le soleil pour restituer l’ombre émiettée de ces feuillages à travers lesquels l’astre paraît soudain lointain, léger, étranger à sa propre lumière. On dirait qu’un être diaphane s’y débat sans cesse dans les filets d’un autre monde.

Jacques Lacarrière. L'été grec.

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Tu es pressé d'écrire,
comme si tu étais en retard sur la vie
Si l'en est ainsi fais cortège à tes sources
Hâte-toi
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance
Effectivement, tu es en retard sur la vie.

René Char. Moulin premier, Commune présence.



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