mardi 5 septembre 2006
Ils tamarisent le soleil
Ils sont là pour montrer qu’un arbre peut pousser malgré tout aux franges de la mer. Il y a dans leur silhouette quelque chose de chétif, d’amenuisé comme d’anciens rêves avortés. Mais il doit y avoir dans leur sève une force secrète pour défier ainsi les embruns salés de la mer, l’aridité du sable. Leurs feuilles ténues comme une gaze tamisent le soleil sans l’étouffer ni l’assombrir. Il faudrait dire tamarisent le soleil pour restituer l’ombre émiettée de ces feuillages à travers lesquels l’astre paraît soudain lointain, léger, étranger à sa propre lumière. On dirait qu’un être diaphane s’y débat sans cesse dans les filets d’un autre monde.
Jacques Lacarrière. L'été grec.
Ecrit par Anne à 23:52 :: Photos


